Associations : Des difficultés de trésorerie qui deviennent très préoccupantes
Depuis 2021 le Baromètre Flash de la COFAC mesure la pression sur les dirigeants des associations culturelles afin de mieux comprendre et anticiper leurs besoins. La dernière édition du Baromètre s’est tenue en ligne du 4 mai au 7 juillet 2026 auprès des responsables d’associations culturelles.
Voici quelques éléments-clés de l'étude qui illustrent la situation actuelle des associations françaises :
- 47% Des associations employeuses ont eu des difficultés de trésorerie au cours des 3 dernières années. Pour la moitié d’entre-elles, ce sont des difficultés récurrentes.
- 18% des associations employeuses et 8% des non-employeuses ont moins de 1 mois à 3 mois de trésorerie : pour les associations dont, par définition, les ressources arrivent ponctuellement au cours de l’année et non dans un flux continu, cette situation est particulièrement alarmante.
- Les effets des pratiques artistiques et culturelles sur la santé et le bien-être constituent un enjeu pour plus d’une association répondantes sur deux. Mais la mise en place d’actions spécifiques reste cependant limitée faute de moyens ; les associations employeuses sont deux fois plus nombreuses à les mettre en place.
Les associations adaptent déjà leur modèle, notamment par l’augmentation des tarifs et la recherche de nouvelles ressources de financement. Cette capacité d’adaptation repose de plus en plus sur les bénévoles, mais elle atteint ses limites car la pression engendrée n’est pas soutenable à terme.
Dans ce contexte, la stabilité apparente de certaines subventions ne doit pas masquer la réduction progressive des marges de manœuvre des associations. Lorsque les financements stagnent tandis que les coûts augmentent, les fonds propres et les réserves jouent le rôle d’un amortisseur, mais cet amortisseur n’est pas inépuisable et pèse lourdement sur les bénévoles : son érosion réduit progressivement la capacité des associations à absorber les imprévus, à investir et à se développer. Au-delà de la survie d’une structure, cette question mérite de peser dans les arbitrages car quand une association disparaît, des emplois peuvent s’éteindre, mais aussi des lieux où l’on crée, où l’on apprend, où l’on fait société et où le lien social et l’art maintiennent en bonne santé. Et, n’oublions pas que 67 % des répondants interviennent en zone rurale.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les pratiques artistiques et culturelles contribuent aux enjeux de santé et de bien-être : 58 % des associations culturelles employeuses et 49 % des associations non-employeuses considèrent leurs effets sur la santé comme un enjeu pour leur activité, mais les moyens humains, financiers et la formation restent des freins à la prise en compte de la dimension « santé » dans leur activité.
Dans un contexte de difficulté économique globale du pays, le maintien de l’emploi culturel, du bénévolat et de la diversité des pratiques nécessite donc un soutien public clair aux besoins de la société et adapté aux réalités économiques des associations. Il s’agit de permettre de préserver leur capacité d’agir, donc leur citoyenneté, et de continuer à faire vivre la culture, renforcer la cohésion, le lien social et le bien-être dans les territoires.
